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Risque professionnel Chute de hauteur — Sources : INRS ED 6090, R4323-58

Risque de chute de hauteur : évaluer et prévenir les chutes en entreprise

Mis à jour le 13 juin 2026 · Sources : INRS ED 6090, Code du travail R4323-58, R4323-106

La chute de hauteur est la 1ère cause de décès accidentels au travail en France. DUERP avec évaluation risque chute : échelles, nacelles, toitures, conformité R4323-58.

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Absence de DUERP risque chute de hauteur : 1 500 € par unité de travail non évaluée. En cas de chute mortelle sans évaluation documentée, la faute inexcusable et la responsabilité pénale peuvent être retenues.

Obligation légale : le risque de chute de hauteur dans le Code du travail

L'évaluation du risque de chute de hauteur dans le DUERP repose sur l'article R4323-58 CT, qui impose à tout employeur d'évaluer les risques liés au travail en hauteur, dès le premier mètre de hauteur pour certaines installations. L'article R4323-59 CT établit la hiérarchie des mesures de prévention : protections collectives avant protections individuelles. L'INRS ED 6090 constitue le guide national de référence.

Textes de référence pour le risque de chute de hauteur

  • Art. R4323-58 CT — Obligation d'évaluation du risque de chute de hauteur
  • Art. R4323-59 CT — Hiérarchie des mesures de prévention (collective avant individuelle)
  • Art. R4323-60 CT — Formation à l'utilisation des équipements de travail en hauteur
  • Art. R4323-106 CT — Vérification des équipements de protection individuelle
  • Art. R4741-1 CT — Sanctions (1 500 € par unité de travail)
  • Art. L452-1 CSS — Faute inexcusable en cas de chute sans évaluation
  • Art. 221-6 CP — Homicide involontaire en cas de défaillance avérée
  • INRS ED 6090 — Risques de chute de hauteur — prévention et protection
  • NF EN 131 — Norme pour les échelles et escabeaux

Le risque de chute de hauteur en chiffres : 1ère cause de décès accidentels

La chute de hauteur représente la première cause de décès accidentels au travail en France, tous secteurs confondus. Contrairement aux risques électriques ou chimiques, le risque de chute concerne TOUTES les TPE : un coiffeur sur un escabeau, un livreur accédant à un entrepôt, un commerçant changeant une ampoule en hauteur.

1ère
cause de décès accidentels au travail (INRS 2023)
~130
morts par chute de hauteur par an en France
48 %
des chutes mortelles dans le BTP (CNAM 2022)

Situations de chute les plus fréquentes en TPE

  • Échelle ou escabeau instable — 1re cause de chute en contexte non-BTP. Échelle non ancrée, escabeau sur surface glissante (graissage, humidité), marchepied inadapté. Fréquent en coiffure, en garage, en commerce.
  • Travail sur toiture ou mezzanine — cause majeure en BTP, commerce, logistique. Zones de couverture, verrières, accès entrepôts non protégés.
  • Nacelle ou plateforme elevatrice — en BTP, en logistique, en maintenance. Déstabilisation par le vent, surcharge, terrain instable.
  • Accès en hauteur pour maintenance — changement d'ampoule, reachargement d'étagères, accès aux compteurs. Souvent sous-estimé en commerce et bureau.
  • Escabeau de coiffure — spécifiquement documenté par l'INRS : tabouret non normes, produit au sol générant surface glissante, cliente qui bouge.

Méthodologie d'évaluation G×F pour le risque de chute de hauteur

La cotation G×F pour le risque de chute de hauteur suit les principes généraux avec une attention particulière à la hauteur effective et à la qualité des protections en place. Une chute de 3 mètres sur un sol dur peut être fatale — G ne peut jamais être 1 pour les travaux en hauteur avec protection insuffisante.

Gravité (G) — conséquences directes de la chute. G=1 (chute de plain-pied, blessure mineure), G=2 (chute < 2 m, entorse, contusion), G=3 (chute 2–5 m, fracture, traumatisme crânien), G=4 (chute > 5 m, décès, polytraumatisme).

Fréquence (F) — probabilité d'exposition. F=1 (travail sédentaire, pas d'accès en hauteur), F=2 (accès occasionnel en hauteur < 2 m avec escabeau conforme), F=3 (accès régulier en hauteur 2–5 m, travail sur échafaudage), F=4 (travaux fréquents en hauteur > 5 m, travail sur toiture, nacelle).

Score G×F et hiérarchie des protections

  • G×F ≥ 12 — Risque très élevé : travaux sur toiture sans protection collective, nacelle sur terrain instable sans harnais, accès en hauteur avec équipement non conformes. Mise en place immédiate de garde-corps ou harness antichute requis.
  • G×F ≥ 9 — Risque élevé : accès régulier en hauteur 2–5 m sur échafaudage ou mezzanine non protégé, travail en hauteur avec EPI seuls (sans protection collective). Vérification EPI + formation Obligatoire.
  • G×F ≥ 6 — Risque modéré : accès occasionnel en hauteur < 2 m avec escabeau conforme, travail sur plateforme avec garde-corps. Échelle ou escabeau aux normes NF EN 131 requis.
  • G×F < 6 — Risque acceptable : travail sédentaire, accès rare et protégé, protection collective en place. Vérification périodique suffisant.

Secteurs les plus exposés au risque de chute de hauteur

Voici la criticité du risque de chute de hauteur par secteur NAF, d'après l'INRS ED 6090 et les données CNAM.

Secteur NAF Sources de risque chute de hauteur G×F moyen Niveau
BTP / Construction (41.20A) Travaux couverture, charpente, façade, échafaudages, nacelles, toitures 12–16 Très élevé
Garage / Réparation auto (45.20A) Pont élévateur, mezzanine stockage, accès toit véhicule, échafaudages 9–12 Élevé
Transport / Livraison (49.41B) Chargement/déchargement hauteur, accès仓库 mezzanine, échafaudages 9–12 Élevé
Coiffure (96.02Z) Escabeaux pour работы en hauteur, marchepied instable, produit au sol 9 Élevé
Commerce de détail (47.11B) Accès hauteurs pour rearrangement rayons, échelles entrepôt, mezzanine 6–9 Modéré
Boulangerie / Pâtisserie (10.71B) Accès stockage hauteur, escabeaux pour ingrédients en hauteur, silos 6–9 Modéré
Restauration (56.10B) Accès stockage en hauteur, escabeau pour nettoyage hotte, maintenance 6 Modéré
Santé / Cabinets médicaux (86.21Z) Accès équipements muraux en hauteur, stockage pharmacy, maintenance 6 Modéré
Aide à domicile (88.10A) Travail chez clients en hauteur (ampoules, étagères), escabeau client 6 Modéré
Bureau / Administratif (82.11Z) Accès ponctuel pour éclairage, climatisation, stockage archives haut 3–6 Modéré

Source : INRS ED 6090, CNAM 2022. La criticité réelle dépend de la hauteur effective, du type de protection en place, et de la fréquence d'accès.

Sanctions en cas d'absence d'évaluation du risque de chute de hauteur

L'omission du risque de chute de hauteur dans le DUERP expose l'employeur à des sanctions administratives, civiles et pénales. En cas de décès par chute de hauteur sans évaluation documentée, l'absence de DUERP constitue un facteur aggravant systématiquement retenu par le parquet.

Manquement Sanction Base légale
Absence de DUERP (risque chute non évalué) 1 500 € par unité de travail R4741-1 CT
Chute avec blessé sans évaluation documentée Faute inexcusable — indemnisation majorée Art. L452-1 CSS
Chute mortelle avec protection insuffisante documentée Homicide involontaire — sanctions pénales Art. 221-6 CP
Utilisation échelle comme poste de travail > 2 m (sans nacelle) Contravention + responsabilité civile aggravée R4323-59 CT
Travail en hauteur sans formation EPI antichute Contravention + responsabilité patronale R4323-60 CT

Comment Reglia génère votre DUERP avec évaluation du risque de chute de hauteur

Reglia pré-charge les sources de risque de chute typiques par secteur NAF : escabeaux et échelles (coiffure, commerce), mezzanine et pont élévateur (garage), accès stockage hauteur (boulangerie, restauration), etc. Pour chaque poste, les équipements de travail en hauteur sont automatiquement identifiés avec leur score G×F par défaut. L'employeur valide ou ajuste selon la configuration réelle.

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Ce que Reglia ne fait pas

Reglia structure l'évaluation du risque de chute de hauteur à partir des référentiels INRS. L'employeur reste responsable de la mise en place effective des protections collectives (garde-corps, EIAC), de la vérification des EPI antichute (harnais, longes), et de la formation des salariés (art. R4323-60 CT) par un organisme certifié. Le DUERP chute de hauteur est un point de départ structuré, pas un diagnostic technique de conformité des équipements.

Questions fréquentes sur le risque de chute de hauteur et le DUERP

Le risque de chute de hauteur doit-il être évalué dans le DUERP de toute TPE ?

Oui. L'article R4323-58 du Code du travail impose à tout employeur d'évaluer les risques liés au travail en hauteur, dès le premier mètre pour certaines installations. Cette obligation couvre les échelles, escabeaux, nacelles, toitures, mezzanines, et tout poste de travail à partir de 2 mètres. L'INRS (ED 6090) constitue le référentiel méthodologique national pour l'évaluation du risque de chute de hauteur.

À partir de quelle hauteur le travail en hauteur est-il encadré par la réglementation ?

La réglementation (art. R4323-58 CT) impose des mesures de prévention renforcées pour tout travail en hauteur à partir de 2 mètres. En dessous de 2 mètres, le risque de chute reste évaluable dans le DUERP mais les exigences techniques sont moins contraignantes. Pour les échelles et escabeaux, l'utilisation comme poste de travail permanent est interdite au-delà de 2 mètres (art. R4323-59 CT) : nacelle ou échafaudage obligatoire. Pour les toitures accessibles, la protection contre les chutes est obligatoire dès la première marche.

Quelles sanctions en cas de chute sans DUERP documenté ?

Une chute de hauteur sans DUERP documenté expose l'employeur à : 1 500 € par unité de travail non évaluée (R4741-1 CT), responsabilité civile en cas de blessé (art. L452-1 CSS — faute inexcusable si le risque était connu), et responsabilité pénale en cas de décès (art. 221-6 CP — homicide involontaire si la défaillance de l'évaluation est démontrée). En présence d'un décès par chute de hauteur sans évaluation documentée, le parquet requiert systématiquement l'absence de DUERP comme facteur aggravant.

Quelles protections collectives contre les chutes sont obligatoires ?

L'employeur doit privilégier les protections collectives (art. R4323-59 CT) : garde-corps rigides avec lisse haute (1,05 m min.) et lisse intermédiaire, plateformes avec trémies condamnées, lignes de vie pour travail sur poutres, couvertures résistantes pour toitures fragiles. Ces protections collectives doivent être vérifiées régulièrement. En garage auto, le pont élévateur et les mezzanines de stockage constituent des zones à risque de chute à protéger. En BTP, les travaux sur toiture exigent des équipements de protection collective (EIAC ou garde-corps périphériques).

Les EPI antichute sont-ils suffisants sans protection collective ?

Non. Les EPI antichute (harnais, longes, absorbeurs) sont considérés comme une mesure de dernier recours (art. R4323-59 CT) : la protection collective prime toujours. Un DUERP documentant uniquement des EPI antichute sans mesure collective ne sera probablement pas considéré comme conforme par l'inspection du travail. L'employeur doit d'abord mettre en place des protections collectives, puis équiper les salariés en EPI uniquement lorsque les protections collectives sont insuffisantes. Le harnais antichute nécessite une formation spécifique (art. R4323-60 CT) et un ancrage capable de résister à 1 000 kg.

Comment coter le risque de chute de hauteur G×F dans le DUERP ?

Pour le risque de chute de hauteur : Gravité (G) = sévérité des conséquences. G=1 (chute de plain-pied, blessure mineure), G=2 (chute < 2 m, entorse, contusion), G=3 (chute 2–5 m, fracture, traumatisme crânien), G=4 (chute > 5 m, décès, polytraumatisme). Fréquence (F) = probabilité d'exposition. F=1 (travail sédentaire, pas d'accès en hauteur), F=2 (accès occasionnel en hauteur < 2 m avec escabeau), F=3 (accès régulier en hauteur 2–5 m, échafaudage), F=4 (travaux fréquents en hauteur > 5 m, toiture, nacelle). Score G×F≥12 = risque très élevé : travaux sur toiture sans protection collective.

En BTP, comment le DUERP évalue-t-il le risque de chute de hauteur spécifique ?

En BTP (code NAF 41.20A), le risque de chute de hauteur est omniprésent : travaux de couverture, charpente, façade, installation électrique aérienne. L'INRS (ED 6090) classe le BTP comme le secteur le plus à risque. Le DUERP BTP doit évaluer : les hauteurs de travail (toiture, échafaudage, nacelle), les équipements utilisés (échelle, échafaudage roulant, plateforme élévatrice), la présence de protections collectives (EIAC, garde-corps), et les EPI antichute (harnais, ancrage). Pour les travaux sur toiture, le DUERP doit identifier les zones fragiles nécessitant une protection renforcée.

Un coiffeur doit-il évaluer le risque de chute de hauteur ?

Oui. En coiffure (code NAF 96.02Z), le risque de chute existe principalement par l'utilisation d'escabeaux pour atteindre les hauteurs de travail (client haircut). L'utilisation d'escabeaux est fréquente et souvent non encadrée : tabouret instable, marchepied glissant, escalier avec produits humides au sol. Le risque de chute depuis un escabeau en coiffeurs est réel et documenté par l'INRS. Le DUERP doit identifier ces postes et recommander des escabeaux conformes (NF EN 131) avec marche antidérapante et plateau large.

Sources

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